Les Femmes et la science(-fiction) – Katie Bouman

Après Marie Curie le mois dernier, aujourd’hui, zoom sur la chercheuse américaine Katie Bouman.

Il y a un an, jour pour jour, la première image d’un trou noir était dévoilée lors d’une conférence internationale en direct. J’ai fait partie des milliers de passionnés qui ne pouvaient pas passer à côté de cet événement. Pour la première fois, une équipe d’astronomes a réussi à prendre en “photo” l’un de ces objets cosmiques insaisissables grâce à de géniaux algorithmes. Le trou noir “photographié” se trouve au centre de la galaxie M87. Les trous noirs nourrissent l’imaginaire des auteurs de science-fiction et la curiosité des scientifiques depuis des décennies ; en 2019, l’astronomie a fait un pas de plus dans leur direction.

L’équipe de chercheurs en charge du projet comptait 200 personnes, dont 40 femmes. L’une d’elles, responsable de l’un des algorithmes, a été propulsée sur le devant de la scène :

Katie Bouman

 

Katherine Louise Bouman, dite Katie Bouman, est née le 9 mai 1989, dans l’Indiana, aux États-Unis. Elle entend parler pour la première fois du télescope Event Horizon durant ses études secondaires. Elle étudie le génie électrique à l’université du Michigan et obtient son diplôme de licence en 2011, avec mention « louanges », « distinction ». Elle poursuit ses recherches au MIT (Institut technologique du Massachussets). En 2013, son mémoire de master intitulé : « Estimating Material Properties of Fabric through the observation of Motion » est couronné du prix Ernst Guillemin qui récompense les meilleurs travaux universitaires.

A partir de 2016, elle est responsable au MIT d’un algorithme de reconstitution de la première image d’un trou noir. L’algorithme est baptisé CHIRP (Continuous High-Résolution Image Reconstruction using Patch priori). Il traite les données collectées par huit radiotélescopes dans le monde.

En 2017, elle intègre l’université Harvard pour un travail post-doctoral dans l’équipe d’imagerie du télescope Event Horizon. Elle donnera une conférence TED intitulée : « Comment prendre une photo d’un trou noir ».

L’observation d’un trou noir est rendue possible par la théorie selon laquelle les trous noirs peuvent être détectés comme des « ombres » apparaissant sur l’arrière-plan formé par les gaz chauds en rotation rapide autour d’eux. L’image du trou noir est présentée publiquement le 10 avril 2019. Une photo de Katie Bouman découvrant le résultat sur son ordinateur devient virale. Dans les jours qui suivent, elle devient la figure la plus médiatisée au sein du groupe qu’elle dirige, composé de 200 scientifiques ayant contribué à son élaboration, dont environ 40 femmes.

Sa notoriété soudaine lui vaut de subir des attaques considérées comme misogynes, alors que son collègue Andrew Chael la défend et dénonce une « vendetta sexiste ». Les internautes ont cherché par tous les moyens à la discréditer. Confrontée à sa soudaine célébrité et aux polémiques que cela engendre, Katie Bouman a tenu à souligner que « ce n’est pas un seul algorithme ni une seule personne qui a créé cette image, mais le talent incroyable d’une équipe de scientifiques provenant des quatre coins du globe et des années de travail acharné ».

Aujourd’hui, elle est professeure assistante à l’Institut de technologie de Californie, où elle fait des recherches en imagerie computationnelle. Elle est par ailleurs rédactrice pour Astronomy Now, un magazine britannique consacré à l’espace et à l’astronomie.

H. G.

Pour en découvrir davantage sur cet événement historique, consultez le site du CNRS, et l’article sur la première image d’un trou noir. (<< Cliquez sur la phrase.)

Si vous souhaitez en apprendre un peu plus sur les trous noirs, je vous conseille l’excellent Une brève histoire du temps, de Stephen Hawking.

Ne partez pas sans regarder cette courte vidéo :

Une réponse à “Les Femmes et la science(-fiction) – Katie Bouman”

  1. […] des recherches pour compléter l’écriture de mon roman L’Envol du phœnix. Quand Katie Bouman a révélé la première image d’un trou noir, l’année suivante, ce fut une évidence pour […]

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